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Traditionnellement, on trouve le guétali dans les jardins verdoyants ou clairsemés de nos grandes et belles villas créoles. Inventé à la Réunion, le terme désigne une petite terrasse (ou plate-forme), située à l’angle de deux rues et en surplomb.

Si le mot guétali est apparu dans les années 50, ces petites terrasses, décorées de panneaux de bois ajouré et ornées de lambrequins aux motifs variés - lorsqu’elles sont couvertes - ont vu le jour à la fin du XIXème siècle. Ces architectures uniques dans l’île sont des copies de terrasses couvertes qui fleurissent à la même époque dans les lieux de villégiature métropolitains comme Arcachon.

L’histoire raconte que le guétali (Traduction française : épie-le) permettait autrefois aux jeunes filles de bonne famille de prendre l’air mais aussi d’observer, sans être vues, le va-et-vient des passants : marchands ambulants, charrettes et carrioles mais aussi défilés politiques ou syndicaux (rue de Paris).

On en trouve un peu partout sur l’île, pour la plupart protégés au titre des monuments historiques. Dans les rues du chef-lieu, si certains sont imposants et visibles de la rue (Villa du Département, Villa Ponama), d’autres se font plus sobres et discrets (Villa Carrère, Artothèque).

 

 

Dans les hauts de l’île, comme à Hell-Bourg, d’autres guétalis attirent l’attention par leur charme particulier. La Villa Barau et la Villa Lucilly - bâties sur le même plan en 1880 -possèdent de beaux modèles de ce type de construction, composé en bois sur un socle maçonné. Ces guétalis se présentent à la croisée de deux rues et en surélévation par rapport à la route principale du village. Tous deux apparaissent dépouillés de végétation et excentrés de l’habitation bien mise en valeur dans son environnement naturel. Les volumes des deux guétalis sont simples : une composition géométrique carrée faite de planches horizontales qui encastrent des boiseries verticales ajourées. Du côté de la rue principale, une façade ouverte par une large baie rectangulaire ornée de lambrequins. Au Nord et à l’Est, des façades fermées par des panneaux de bois ajourés. Des toits complexes avec un double faîtage en croix qui détermine des pentes multiples. Couverts de tôle plane, ils sont tous deux rehaussés d’un poinçon d’ornement en forme de bulbe surmonté d’une petite flèche et sont parés de lambrequins.

Ces guétalis remarquables, aujourd’hui désertés le plus souvent, sont des témoins d’une culture et d’une manière de vivre autrefois. Ils ont aussi une valeur esthétique et sont l’expression d’une architecture créole croisant des influences diverses.

Sources : Petites histoires de l’architecture réunionnaise / Défense du patrimoine architectural de la Réunion (Blog).

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